Un projet - presque - libre
Prévu pour remplacer le SAAB 29 Tunnan, contrairement à ses prédécesseurs,
le SAAB 35 DRAKEN naît d'un cahier des charges à minima écrit à l'automne
1949 : réaliser un intercepteur de bombardiers capable de voler au moins à
Mach 0,9 jusqu'à 11 000 m avec une capacité d'emport d'au moins deux missiles
air-air. De quoi réveiller l'ingéniosité des équipes aéronautiques de
SAAB. Dans ce large cadre les projets fusent : aile en flèche, aile delta (malgré
des accidents au Royaume-Uni).

A delta et demi, double delta
Pour réaliser leur propre expérience, SAAB réalise en décembre 1951 un
prototype à échelle réduite (70%), le SAAB 210.
Motorisé à hauteur de maximum 10% du modèle final, le but est uniquement de
tester les contraintes de vol issues des ailes delta, tout particulièrement aux
faibles vitesses d'atterrissage. Le double delta choisi permet de trouver un compromis
optimal entre configuration pour haute et basse vitesse tout en gardant une
distance d'atterrissage et de décollage courte.
Commencés le 21 janvier 1952, pendant 9 mois, pas moins de 887 vols totalisant
286 heures seront réalisés. Le concept de l'aile en double delta est validé :
le SAAB 35 Draken peut être lancé.
Un moteur connu, une intégration novatrice
Si une totale innovation dans le dessin est de rigueur, la motorisation s'appui
sur une version nouvelle du moteur déjà monté sur le SAAB 32 Lansen : le
Rolls-Royce Avon 100 - RM 5A pour les prototypes puis Avon 200 - RM 6B pour les
avions de série.
Pour l'intégrer à l'avion, les ingénieurs créent le principe de l'enveloppe
moteur : ce qui est dedans appartient au moteur, ce qui est en dehors c'est
l'avion. La conception et la maintenance en seront définitivement simplifiées.
Un moteur évolutif au service d'une cellule adaptable
Le 26 janvier 1956, un SAAB 35 Draken équipé du moteur Avon 200 passe le mur
du son sans post-combustion, par erreur, en montant. Une réputation est née.
Dans la version Avon 300, un autre Draken atteint quant à lui Mach 2.
Équipé des dernières technologies développées par l'industries suédoise
(radars - calculateurs - missiles - ... ) le SAAB35 ainsi motorisé, devient
l'intercepteur le plus redoutable de sa génération.
Aux vues de ces qualités intrinsèques, une version de reconnaissance voit le
jour. Une partie de l'armement est remplacé par des caméras Omera de
fabrication française.
La fin de la neutralité suédoise ?
Si les performances du SAAB Draken facilite son exportation massive ou sa
fabrication sous licence (Finlande, Danmark, Autriche, ... ), le fait principal
est la mise au norme OTAN pour les dernières versions du SAAB 35 Draken. La
Suède se prépare ainsi à sortir de sa neutralité. Le climat international
l'y pousse.